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Babelforums > Politics > Nationalismes

Le Kosovo est-il un problème pour l'Europe ?

This discussion is also running in : Spanish [1], English [18], you are reading it in: French [8].

Tava
  • Posts: 9

Posted: 2008-01-11 13:52

Quand le Kosovo proclamera son indépendance, et que l'UE la reconnaîtra, beaucoup de courants nationalistes y verront un précédent positif à leur cause. Toutefois, il est possible que les Etats membres de l'UE soient confrontés à de graves problèmes. Ou bien peut-être les problèmes existent-t-ils déjà ?
Aurélien
  • Posts: 6

Posted: 2008-02-12 12:15

L'indépendance du Kosovo est l'évènement européen majeur de ce début de XXI ème siècle. Trop d'hommes politiques minimisent cet évènement, trop de citoyens européens s'en détournent (quand ils l'utilisent pas), trop de gouvernements de pays tiers sont impliqués....
Cet évènement hélas, inéluctable, le chemin de l'indépendance, n'est pas une bonne nouvelle pour l'ordre public européen mais aussi pour l'indépendance, la souveraineté européen sur le territoire européen.
En effet, non seulement cet évènement va faire "jurisprudence" et raviver les mouvement indépendantistes de régions déjà autonomes (c'est pourquoi l'Espagne et d'autres Etats comportant de tels mouvements s'y opposent). Après l'épisode du Monténégro, voici venu le temps du Kosovo...quelle nain géographique des Balkans se verra octroyer le statut d'Etat souverain?
Non seulement, le ravivement de "nationalismes locaux" s'exprimant par opposition aux capitales européennes n'est pas un fait joyeux pour l'intégration européenne fondée sur l'effacement des nationalismes revendicatifs et revenchards, mais également l'indépendance du Kosovo illustre l'ingérence de puissances étrangères et leur poids décisif dans l'avenir européen. En cela, nous ne pouvons nous réjouir de la tournure des évènements que ceux-ci révèlent et accentuent l'impuissance de l'Europe sur son territoire meme.
Il convient de rappeller ce qu'est le Kosovo. Le Kosovo est un mot Serbe en lui-meme, désignant le berceau de la culture serbe. Avec le régime isolationniste de l'Albanie communiste, nombre d'Albanais dissident, capitalistes, sont allés se réfugiés en Serbie, et plus précisément au Kosovo. Cette minorité serbe est devenu la population majoritaire du Kosovo. La culture des albanais (langue, histoire, coutumes) étant différente de celle des serbes, les albanais du Kosovo ont alors été tentés de créer un Etat indépendant, notamment après les massacres perpétrés par la Serbie.

La Russie, devenu avocate de la cause serbe, a toujours milité contre toute indépendance du Kosovo pour conserver l'intégrité du territoire serbe, reliquessence de l'ex-Yougoslavie. Les USA ont toujours milité pour l'indépendance du Kosovo pour différentes raisons:
* parce que la Russie s'y opposait, donc les USA et la Russie ne pouvant avoir des interets communs en Europe, les USA ont naturellement endossé la cause du mouvement indépendantiste kosovar.
* parce que ces Albanais du Kosovo sont par essence des capitalistes, voulant mettre l'économie du Kosovo au normes capitalistes américaines.
* parce que selon l'adage diviser pour mieux régner, diviser les Balkans et se lier des alliances bilatérales est toujours plus aisé avec des petits Etats sans sécurité réclamant le parapluie militaire américain, plutot qu'un Etat balkanique puissant, ayant sa propre défense et ses propres alliances à l'est.
* parce que le Kosovo est beaucoup plus favorable à une adhésion à l'UE que ce que l'est la Serbie. Or, faire entrer le Kosovo dans l'UE, c'est avoir la certitude de faire de cet Etat un allié occidentalisé, capitaliste. Ainsi, on instrumentalise l'UE pour se former un "cordon sanitaire" contre la Russie.

Ainsi, les USA instrumentalisent les mouvements indépendantiste de Pristina ainsi que l'UE. Les USA ne se préocuppent guère de l'affaiblissement de l'UE, mais plus de leurs interets stratégiques. L'UE s'affaiblit par l'indépendance kosovar qu'elle est divisée, elle subie cette indépendance voulu par les USA, et la multiplication des Etats balkaniques rend le fédéralisme pan-européen inconcevable avec autant de nationalités, historiques ou "ex nihilo".
L'indépendance du Kosovo est l'enjeu du conflit entre les USA et la Russie sur nombre de sujets internationaux, et particulièrement sur l'enjeu que constitue le territoire européen.
Amitiés européennes,
Aurélien
  • Posts: 6

Posted: 2008-02-15 17:29

La réalité est inévitable...
Le Kosovo va déclarer son indépendance...
Je dis cela avec précision : l'indépendance doit être déclarée 17 février 2008, c'est-à-dire dans 48 heures...
Faut-il s'en réjouir? le déplorer?
Ma réponse sera claire : rien de bon pour la stabilité européenne et pour l'affirmation d'une politique de voisinage de l'Union Européenne ne peut être augurée de cet évènement extraordinaire, au sens épistémologique:
* extraordinaire car la balkanisation dangereuse s'accentue
* extraordinaire car le résultat d'immixtion de puissances étrangères (Russie,USA)
* extraordinaire car les violences perpétrées ne se soldent pas par une unification, un devoir de mémoire, un rapprochement entre les peuples meurtris mais en un dangereux face-à-face de nationalismes exarcerbés de sentiments revenchards et haineux inquiétants
* extraordinaire car le Kosovo est l'emblème potentiel de mouvements indépendantistes de toutes parts en Europe

L'indépendance du Kosovo prévue pour le 17 février 2008 (selon le Washington Times, 9 février 2008) bien qu'étant un évènement extraordinaire, n'en est pas moins la résurgence de nationalismes contraires à l'idée fondatrice de la construction européenne. Parfois, à la révolution géopolitique, mieux vaut faire le choix de l'ordre établi...
Amitiés européennes,
tengere
  • Posts: 9

Posted: 2008-02-19 05:52

Ces sont ètait des pays formès sur le modele occidental, ou tous ont le meme nationalitè , le meme (manque de la) religion. Je pense que ce n'est pas un modele bonn pour tous.
Je ne pense que les regionalismes sont contraires a l'idee d'Europe elargis. On vit mieux dans sa propre chambre que das une unique grande halle, et quelque fois les separatisme son bienvenue pour mieux convivre.

zlackie
  • Posts: 1

Posted: 2008-02-20 14:32

Je suis déçu de la position de mon pays la France.
Ce n'est pas l'avis de tous les français, mais de ses politiciens.

Mes ailleux qui ont combattu auprès des Serbes doivent se retourner dans leurs tombes avec cette trahison.
Ce n'est pas la meilleure solution le séparatisme, j'aurais plus donné accord avec un consantement mutuel.
C'est entre Serbes et Kosovars que la solution doit être trouvé, toute autre méthode ne fait que décaler les tensions.
Vivien
  • Posts: 2

Posted: 2008-02-21 15:20

Quelle nationalite ont les Kosovars, Serbe ou Albanaise?
Je ne comprends pas pourquoi les Albanians veullent separer 15% de teritoire Serbe quand ils peuvent vivre en Albanie, la bas il y a suffisament de place.
Il y a aussi beaucoup des Albanaises en Belgique ou Montenegro ou Macedonie.Ca veut dire q'apres Serbie il vont demander un peux de cet teritoires. Pardon, pas demander mais prendre!

arskultura
  • Posts: 3

Posted: 2008-02-29 13:08

N'importe quoi Vivien. Il faut bien que tu sache que Kosovo avant été un pays "Dardania" avec son population Dardanët. Les sllaves (les serbes ont descendu dans les territoire ou il se trouvent maintenant en Moyen Age. peu temps après vont perdre Kosovo de nouveau. Et en 1913 Kosovo sera de nouveau sous la Serbie ou la Yougoslavie.
Il faut connaitre les origines des serbes, d'où ils vient eux, avant de parler de Kosovo. Je sais que c'est juste une idée de ta part mais désolé c'est n'importe quoi.

arskultura
  • Posts: 3

Posted: 2008-02-29 13:14

L’origine des Serbes
Leur veritable nom etait les Sjemskrita ils tiennent leur nom de leur 1er prince Srbenda ou Sirbinda de la Mythologie vedic indienne L’origine même des Serbes n’est pas établie avec certitude. La racine du nom Srbi n’est probablement pas issue des vieux dialectes slaves. Diverses théories ont vu le jour pour l’expliquer, s’appuyant sur les très rares documents écrits mentionnant la présence d’un peuple du Caucase, au tout début de notre ère, appelé Serboï ou Serbi. La plupart de ces théories stipulent que ce peuple proto-serbe n’était pas de souche slave, mais d’origine caucasienne ou sarmate. Il aurait, par la suite, dominé certaines tribus slaves après une migration vers l’ouest, probablement en Transcarpathie. Mélangés aux Slaves de ces tribus, les proto-Serbes se seraient progressivement « assimilés », pour ne laisser que leur nom à leurs anciens sujets slaves.
Quoi qu’il en soit, ce qui est certain, c’est qu’entre le Ier et le IVe siècle de notre ère, les Serbes quittèrent le foyer originel des Slaves pour s’établir en Lusace et en Moravie septentrionale, plus exactement entre l’Elbe et la Saale (Allemagne actuelle), dans une région appelée Serbie blanche (le blanc symbolise l’ouest chez les Slaves). Ils y restèrent jusqu’au VIIe siècle, lorsque l’empereur byzantin Héraclius demanda l’aide des Slaves du nord, notamment des Serbes, pour refouler les Avars hors des territoires de l’Empire byzantin.
Une partie des Serbes est, toutefois, restée en Serbie blanche ou ils ont réussi à conserver jusqu'à nos jours, au sein de la communauté sorabe(( 60.000)), leur langue et leur culture.
L’arrivée des Serbes dans les Balkans
Le premier centre du peuplement serbe dans les Balkans fut une région que leur chef (dont on ne connaît pas le nom, mais que l'on appelle le Prince de Serbie Blanche) négocia avec l'empereur d'Orient Héraclius en reconnaissance de leur importante contribution dans la défaite des Avars. Cette région se trouvait entre la rivière Vrbas à l'ouest et la vallée de la rivière Ibar à l'est, entre la Save au nord et la côte Adriatique au sud, entre les embouchures des rivières Cetina et Bojana.
Militairement mieux organisés que les tribus slaves de la première vague d'invasion, les Serbes dominèrent aussi des régions avoisinantes, notamment la Dioclée (qui prit plus tard le nom de Zeta, et encore bien plus tard Monténégro), la Bosnie, les régions côtières de Paganie (également dénommée Neretva) et Zachlumie (correspondant toutes deux, aujourd'hui, à une certaine partie de la Dalmatie) ainsi que la Travounie (approximativement le sud-ouest de l'actuelle Herzégovine).
Ultérieurement des échanges de populations eurent lieu : une partie des Serbes restés au nord vinrent rejoindre ceux déjà installés dans les Balkans, tandis que des Valaques de cette région partaient en Moravie septentrionale, dans la région qui devait s'appeler par la suite « Valachie morave » (ouest de l'actuelle République tchèque). La vallée de la rivière Morava fut ensuite la source même de l’expansion serbe dans la péninsule des Balkans.
arskultura
  • Posts: 3

Posted: 2008-02-29 13:20

Les origines des kosovars
Les Illyriens apparaissent au XXe siècle av. J.-C., à une époque charnière entre l’âge du bronze et l’âge du fer. Ils constituent un royaume englobant une grande partie de la région balkanique. Les Illyriens étaient divisés en plusieurs clans : les Taulantes, Ardianes, Dardaniens, Dalmates, Penestes, Kaones, Thesprotes, etc. L'actuel Kosovo se trouvait alors essentiellement compris dans la région peuplée par les Dardaniens qui vivaient aussi dans une partie de l’actuelle Albanie du nord, du sud de la Serbie et du nord de la Macédoine jusqu’aux environs de Skupi (actuelle Skopje). Après la conquête romaine, survenue aux alentours de 28 av. J.-C., les Dardaniens sont progressivement romanisés et l’ancienne colonie grecque de Naissus (actuelle Niš), située en Dardanie orientale, devient un carrefour stratégique de la province romaine de Mésie supérieure. Elle est même la ville natale de l’empereur Constantin qui fera de la Dardanie une province romaine à part entière en 284.

La chute de l’Empire romain marque le début de nombreuses invasions barbares dans la péninsule balkanique, qui touchèrent aussi bien la Dardanie que les autres régions des Balkans. Dès le Ve siècle, des tribus slaves déferlent en masse, parvenant à s’implanter jusqu’en Thessalie, et ce dans l'ensemble des Balkans, certaines tribus étant même allées jusque dans le Péloponnèse. En cette même période, les Avars s’installent dans la contrée et asservissent certaines tribus slaves, notamment en Pannonie. Les tribus slaves forment alors de puissantes alliances, les sklavinies, qui, alliées aux Avars, vont être le fléau de l’Empire byzantin pendant près de deux siècles. Les anciennes provinces romaines sont dévastées et la province de Dardanie, dont faisait partie l’actuel Kosovo, n’y échappe pas. À la fin du XIe siècle, Vukan, le joupan (župan en serbe) de Rascie, alors l’État serbe le plus puissant des Balkans, agrandit les frontières de son pays vers le sud, en conquérant la majeure partie de l’actuel Kosovo, n’échouant que devant Lipljan car confronté à de forts contingents byzantins. La Rascie, y compris ses terres méridionales, passe de nouveau sous domination byzantine après le décès de Vukan en 1115. À la fin du XIe siècle, la dynastie serbe des Nemanjić parvient à étendre considérablement la Serbie vers les terres slaves du sud. Ils décident donc de déplacer le centre de gravité du royaume de Serbie vers le Kosovo. À cette époque, sous l'impulsion de Saint Sava, l'Église orthodoxe serbe devient autocéphale. En 1233, la ville de Peć en Métochie est choisie pour devenir le siège du premier archevêché serbe (sous la juridiction de Constantinople) fondé par Saint Sava qui en devient le premier archevêque. En 1346, l'archevêché se transforme en patriarcat autonome et Peć devient ainsi le siège de l’Église orthodoxe serbe.
Région à la fin du règne du prince Lazar (1329-1389) Région à la fin du règne du prince Lazar (1329-1389)

À la mort de Dušan en 1355, la majeure partie du Kosovo se trouve alors sous la domination du prince serbe Vuk Branković. Le 26 septembre 1371, un affrontement décisif oppose les Ottomans à l’armée de Jovan Uglješa, seigneur d’un petit fief au sud de la Serbie, et celle de son frère, le roi Vukašin Mrnjavčević, cosouverain de Serbie avec l’empereur Uroš. Les Ottomans n’ont alors aucun mal à décimer l’armée serbe, s’ouvrant par la même occasion la porte des Balkans. Immédiatement affectée par la défaite serbe, Byzance est obligée de reconnaître la souveraineté ottomane. À cette époque, associé aux territoires du prince Lazar, le pays de Vuk Brankovič, englobant la majeure partie de l’actuel Kosovo, devient prospère. D’anciens marchés se transforment également en villes prospères comme Priština, Vučitrn ou encore Peć.
Le sultan Mourad, fort de ses nombreuses conquêtes sur les anciens domaines byzantins, décide de lancer une offensive contre les pays balkaniques au printemps 1389, accompagné de ses fils Jakub et Bayezid. De l’autre côté, le prince Lazar Hrebeljanović parvient à réunir une puissante armée en ralliant ses alliés Vuk Branković, Djuradj II Balšić, Stefan Musić, les troupes du voïvode Vlatko Vuković de Hum et des troupes bosniaques dépêchées par le roi de Bosnie Tvrtko Ier comprenant divers nobles éminents de son royaume. L’année 1389 marque un grand tournant dans l’histoire du Kosovo et de la Serbie. C’est en effet l'année de la bataille de Kosovo Polje, mieux connue en français par son expression traduite : « Bataille du champ des merles ». Cette bataille s’inscrit dans une politique d’extension territoriale ottomane : dès le milieu du XIVe siècle, les Ottomans obtiennent des Byzantins une tête de pont en Europe (péninsule de Gallipoli), puis se frayent en quelques décennies un chemin jusqu'au cœur des Balkans. La défaite ouvre la porte des Balkans aux Ottomans et la Serbie, n’étant plus en mesure de se défendre après sa défaite, est menacée par les Turcs et les Hongrois. Progressivement, les princes serbes acceptent un à un de devenir vassaux du nouveau sultan Bayezid Ier. En septembre 1448, une armée de croisés et de mercenaires venus de Hongrie, de Pologne, de Valachie, de Bohême et d’Allemagne, commandée par le chevalier hongrois Jean Hunyadi (János Hunyadi en hongrois et Iancu de Hunedoara en roumain), traverse la Serbie et parvient jusqu’au Kosovo. Une grande bataille s’y engage du 17 au 19 octobre 1448, entre les croisés et l’armée du sultan Mourad II au cours de laquelle les croisés subissent un terrible revers.

Au Kosovo, la conversion des Albanais et Serbes à l’islam commence rapidement bien qu’elle reste faible dans cette partie de l'Empire. Dans certaines régions pauvres, il arrive que des villages entiers se convertissent afin de ne plus payer le djizia et d’autres charges. En 1557, le sultan décide d’accorder à l’Église serbe la restauration du patriarcat de Peć. Cependant, alors que l’empire des Habsbourg est en guerre avec l’Empire ottoman, les Autrichiens prennent des mesures pour favoriser la création d’une zone militaire tampon entre les deux territoires. Après l’échec du second siège de Vienne, en septembre 1683, l’Empire ottoman reflue face aux Autrichiens qui, avec l’aide des Serbes et de tribus albanaises catholiques, traversent le Kosovo en 1689 et parviennent jusqu’à Skoplje en Macédoine. L’invasion de l’Empire ottoman met fin également au système féodal qui régnait encore dans cette région. Les Ottomans, connaissant à cette époque une expansion culturelle sans précédent, transforment le pays au moyen d’une structure sociale et administrative beaucoup plus développée.
Extension de l’Empire ottoman en 1801
Extension de l’Empire ottoman en 1801

À l’hiver 1878, le Congrès de Berlin accorde officiellement l’indépendance à la Serbie ou, plus exactement lui accorde les terres au nord du Kosovo. Quant au Kosovo, il reste dans l'Empire ottoman. Ayant étendu les frontières du nouvel État serbe aux régions de Niš, Pirot, Toplica et Vranje, plusieurs milliers d'Albanais, les Muhaxheri (réfugiés) habitant la région de Toplica près de Niš, sont chassés vers le Kosovo resté sous domination ottomane. En 1912, les États balkaniques nouvellement affranchis de l’occupation ottomane décident d’unir leurs forces afin de libérer les terres restant sous contrôle ottoman. Soutenus par la Russie, ils repoussent les Ottomans aux portes de Constantinople. Tragiquement, une nouvelle guerre a lieu en 1913 et oppose cette fois les anciens alliés : la Deuxième Guerre balkanique. À l’origine d’un désaccord sur le partage des précédentes conquêtes, cette guerre se solde par la victoire de la Serbie. Réunie à Londres, le 17 décembre 1912, la Conférence des ambassadeurs refuse à la Serbie, sous pression de l’Autriche-Hongrie, l’accès à la mer qu’elle convoitait par la vallée du Drin (Drim en serbe) mais, sous pression française et russe, lui octroie le Kosovo et la Macédoine.
Le 1er décembre 1918 naît le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes, État qui se veut rassembler tous les Slaves du sud en son sein comme l’avaient imaginé certains intellectuels serbes et croates des XVIIIe et XIXe siècles. Le nouveau royaume regroupe les régions balkaniques slaves anciennement contrôlées par l’Empire austro-hongrois (Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine et Voïvodine serbe) ainsi que l’État serbe indépendant et le Monténégro qui s'était réunifié à la Serbie quelque temps auparavant. La dictature du roi de Serbie ne fait qu’amplifier les tensions nationalistes. Le Kosovo, après avoir été conquis par l’armée serbe, est incorporé au royaume et formellement rattaché au nouvel État. Le monarque, tout en matant la résistance des Kaçaks, Albanais qui résistent à cette reconquête, et des Komitadjis de Macédoine, entreprend de « désalbaniser » la région en encourageant les Albanais à partir et en y favorisant la réinstallation de familles serbes et monténégrines.

Le Kosovo, la Métochie et une partie du Monténégro se voient inclus dans l’État d’Albanie sous contrôle de l’Italie fasciste. Tito reconnaît à la conférence de Bujan le « droit des Albanais à l'autodétermination ». Cependant, après que Tito ait rompu ses relations avec Joseph Staline, le 28 juin 1948, le parti communiste albanais sous la direction d’Enver Hoxha prend le parti de Staline. La frontière du Kosovo avec l’Albanie est alors fermée. La constitution yougoslave est amendée en vue d’accorder plus de contenu à l’autonomie de Kosovo, autonomie formellement déclarée en 1945. Cet effort culmine avec la constitution de février 1974 où la République de Serbie perd tout droit de regard sur les affaires internes du Kosovo : celui-ci est directement représenté dans les instances fédérales, « à égalité de droit » des républiques et des provinces autonomes ainsi que des peuples et des nationalités.
Province autonome du Kosovo rattachée à la République socialiste de Serbie membre de la République fédérale socialiste de Yougoslavie (1974-1990)
Province autonome du Kosovo rattachée à la République socialiste de Serbie membre de la République fédérale socialiste de Yougoslavie (1974-1990)

En mars 1981, des manifestations d’Albanais réclamant le statut de république tournent à l’émeute : la répression Serbe fait des dizaines de morts et des centaines de bléssés du côté albanais[3]. Slobodan Milošević, devenu deuxième homme du parti communiste yougoslave, met en œuvre deux coups de force dans les provinces autonomes et républiques liées à la Serbie : « Révolution des yaourts » en 1988 en Voïvodine et « Révolution antibureaucratique » au Monténégro en janvier 1989. Puis, il décide de supprimer l’autonomie constitutionnelle du Kosovo en mars 1989. Des chefs politiques albanais s’organisent en conséquence contre la suppression d’autonomie du Kosovo. Le 2 juillet 1990, une majorité des députés chassés du parlement publient une « déclaration constitutionnelle » faisant du Kosovo une république. Puis, après le référendum des mois de septembre et octobre 1991, l’indépendance du Kosovo est proclamée. Ibrahim Rugova met sur pied une société parallèle au Kosovo : il remporte des élections clandestines et devient président de la République du Kosovo. Déçus par l’indifférence de la communauté internationale, certains Albanais rejettent l’autorité de Rugova.

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