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¶ Posté : 2008-11-11 17:51
"Les bébés-Leboyer" sont particulièrement paisibles. Gais et pleins d'allant, ils sourient dès leur premier jour, ce qui était rare auparavant. Une enquête a révélé que 90 à 100% d'entre eux deviennent ambidextres (1) ; Leboyer a annoncé sa publication, il ne l'a jamais faite et semble confier au bouche à oreille les recommandations de son livre (2) : coupure du cordon après l'arrêt des pulsations (sauf difficulté cardiaque), jamais de séparation entre la mère et l'enfant, extrême douceur, lumières tamisées, un bain, etc. A sa suite, Karen Strange, sage-femme spécialiste de la réanimation des nouveau-nés, apporte un fleuve au bien-fondé des techniques millénaires rapportées du pays de Gandhi par le yogi gynécologue ; elle donne des conférences mais ne publie pas. Elle a observé que, juste avant la naissance, la mère délivre à l'enfant un bol de sang qui s'emmagasine dans le placenta. Ce viatique n'est pas seulement fortement chargé en fer ; l'augmentation de pression sanguine permet au cœur de commencer à emplir les alvéoles pulmonaires, les préparant à leur tâche prochaine. Il est ainsi démontré que la nature a tout prévu et que l'ingérence de l'homme dans ses plans manque de pertinence. En tout cas, naître dans la douceur a des répercussions psychologiques positives à long-terme et, si tout se passe bien, le seul traumatisme de la naissance est celui de la coupure prématurée. On ne détruit pas un organe en fonctionnement sans traumatiser durablement le cerveau. Il faut ajouter à ce plaidoyer que, puisque le bébé est immunisé contre la flore maternelle, le faire strictement cohabiter avec la mère le protège contre les infections par remontée urétrale (3), le grand prétexte des partisans de la circoncision. Mais quel est le mécanisme du traumatisme qui interdit l'ambidextrie?
Impliquant que la latéralisation est conséquence du développement normal du cerveau, son explication par la neurologie du cerveau nous paraît tautologique. Tout au contraire, l'existence des ambidextres prouve que la latéralisation est une conséquence pathologique, non une cause. Ce sont les droitiers et les gauchers qui sont anormaux, pas les ambidextres. Car la coupure prématurée provoque la soumission (ou l'opposition) à la norme adulte. Absurde, cette soumission ou opposition n'est pas le fait de la confiance mais de l'aveuglement provoqué par la terreur inconsciente résultant de l'arrêt brutal de l'alimentation placentaire avant son extinction naturelle, graduelle et paisible. La nature a prévu, pour un temps, un double système d'alimentation en oxygène et nourriture ; tant que le cordon bat, le placenta permet une adaptation progressive, une transition en douceur entre les deux systèmes. La coupure par le fer n'interdit pas seulement l'apport en fer ; intervenant avant le terme naturel, elle interfère brutalement dans la gestion de son corps par le bébé. Provoquant une angoisse atroce, elle est ressentie comme une agression cruelle. Intimement terrorisé, à vie, par les adultes incluant la mère, l'enfant se conformera bêtement à la norme. Premier traumatisme, la coupure prématurée crée la névrose universelle, son conformisme et son cortège d'inhibitions. Le placenta est la propriété du bébé, seule la nature a le droit de l'en séparer.
Leboyer a aussi condamné l'excision et la circoncision (4). Ce qui est vrai pour le cordon le sera a fortiori pour les organes autosexuels, très riches en terminaisons nerveuses érogènes et tactiles. Beaucoup plus invasives puisque destructrices, les excisions féminine et masculine provoquent un traumatisme beaucoup plus grave. La même cause, la violence, produit le même effet : une soumission profonde : la répétition du crime absurde. Provoqué par la coupure prématurée du cordon ombilical, le symptôme de la latéralisation apporte une preuve limpide de la théorie freudienne de la circoncision comme technique de soumission.
Les coupures rituelles ou médicales ont pour conséquence de séparer l'enfant de la mère et de le rendre soumis. Consciemment ou non, il s'agit de la part des assistants à la naissance (infirmières, sages-femmes, gynécologues), d'appropriation individuelle ou collective du bébé dans une pédophilie compulsive. Tous les prétextes sont bons pour avoir le bébé à soi un moment : "Et maintenant, à la pesée !" mais la balance est ailleurs, ou encore, la mère a un rhume et l'enfant doit absolument être mis dans la nursery, au risque d'infections nosocomiales... Leboyer s'oppose à ce comportement tyrannique. Son message peut être ainsi résumé : "Laissez le bébé, son placenta et la maman tranquilles."
Les violences sur les enfants sont la grande source des maladies mentales individuelles ou collectives. Corrélant les techniques d'accouchement aux conduites adultes : "les procédures obstétriques devraient être soigneusement évaluées et si possible modifiées pour prévenir d'éventuels comportements suicidaires.", l'enquête de Jacobsen (5) conforte la découverte de Leboyer. Mais les exemples de Galilée, Copernic, Freud… etc., ont montré qu'on ne refait pas facilement le monde. Comme les religions, la médecine est un monde de dogmes, d'orgueil, de préjugés et de chapelles aux mains de mandarins tout puissants. Elle a mis un demi-siècle pour accepter la découverte du malheureux Semmelweiss (l'hygiène). Il en est de même de celle de Leboyer ; il n'a pas eu le prix Nobel.
Sigismond (Michel Hervé Navoiseau-Bertaux) - oldsigismund@hotmail.com(4) Lettre du 4 juin 1980 à Rosemary Romberg-Weiner.
http://Sexuallymutilatedchild.org/leboyer.htm