Taches de rousseur
(Illustration: Henning Studte)
Parée de ses couleurs estivales, la peau révèle parfois des marques qui peuvent faire tache.
Souvent exécrées par ceux qui les portent, les taches de rousseur ne sont pas des signes particuliers comme les autres. Généralement arborées par les roux, elles ont longtemps été perçues comme un signe de malheur pour les plus superstitieux, ou au moins comme une drôle de bizarrerie. La littérature en est d’ailleurs le reflet : le poète américain E. E. Cummings, par exemple, écrivait déjà « if freckles were lovely… »(« si les taches de rousseurs étaient charmantes… ») Quant à son compère italien, Giovanni Varga, il décrivait Rosso Malpelo, le protagoniste malheureux et vindicatif de sa nouvelle, comme un « homme au visage sali de taches de rousseur ».
Ce vent de mépris souffle également en France, où l’on parle bien de « taches ». Les Allemands sont, comme à leur habitude, plus pragmatiques et voient fleurir des « Sommersprossen » (« taches d’été ») dès les premiers rayons de soleil. De leur côté, les Espagnols et leurs « pecas » se sont inspirés du verbe « picar » (« trouer »). A coups de pioche ?
Heureusement, tout le monde ne méprise pas les taches de rousseur sur le continent : certains les associent même à la cuisine. Ainsi, les Polonais parlent de « piegi » et disent que ceux qui en portent sont « délicatement sertis de gouttes de chocolat » (« piegus »). En Italie, une autre métaphore culinaire parle des « lentiggini », dérivés du latin « lens, lentis » qui signifie lentille.
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