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L’UE planche pour améliorer le sort des Roms

Grand-mère rom dans les Balkans (Crédit: Zinov/flickr)

Grand-mère rom dans les Balkans (Crédit: Zinov/flickr)

Poussée par une coalition d’associations, la Commission européenne organise le premier Sommet consacré aux Roms le 16 septembre prochain. Ou comment mettre en branle une politique globale pour améliorer la situation de la plus grande minorité ethnique d’Europe.

ANALYSE

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16/09/08

Tags : Immigration, Elections européennes 2009, analyse, EUdebate2009, Société, Rom.

Comment permettre l’inclusion des Européens d’origine rom sur le continent ? Depuis 2004, et l’entrée de dix nouveaux pays membres dans l’UE, la question se fait de plus en plus lancinante. Alors que les rapports sur la situation sanitaire et sociale de cette population tombent à Bruxelles, les enquêtes d’opinion constatent que le fossé se creuse entre les Roms et leurs voisins, quelques soient leurs nationalités. Le prochain Sommet européen tentera de déterminer une politique européenne cohérente contre la discrimination d’origine ethnique et d’« épingler les mesures qui ont fait leurs preuves ». Car du côté Rom, le bilan est critique. 

Des millions de Roms dans une UE élargie

Jeune fille rom dans un camp près de Naples en 2005Jeune fille rom dans un camp près de Naples en 2005 | (Francesco Paraggio/flickr)Si la population Rom a considérablement augmenté au sein de l’UE voilà 4 ans, suite à l’adhésion de la Hongrie et de la Slovaquie notamment, très peu de données permettent de quantifier exactement cette communauté : « La population rom d’Europe compte aujourd’hui quelque dix millions d’individus, estime un premier bilan sur La situation des Roms dans une Union européenne élargie, publié en 2004 justement. Cependant, on ne dispose pas de données démographiques précises, poursuit le texte, essentiellement en raison de la stigmatisation associée à l’identité rom et de la réticence d’un bon nombre de Roms à s’identifier en tant que tels à des fins officielles ainsi que du refus de nombreux gouvernements à inclure les Rom en tant que catégorie légitime à des fins de recensement. »

Il y aurait pourtant plus de Roms dans toute l’Europe que d’habitants dans certains Etats membres. Mille fois comptée, la situation des Roms est tristement célèbre. Le document de travail sur lesquels plancheront 350 représentants des Institutions européennes, des gouvernements et des parlements des Etats membres et de la société civile lors du prochain sommet, et mis à disposition sur le site de la Commission le 2 juillet dernier, revient sur cette réalité grâce à quelques analyses plus récentes, mais toujours très peu de données chiffrées. Des millions d’Européens d’origine rom font l’objet d’une exclusion sociale de grande ampleur, explique le document : « Les richesses qu’ils pourraient apporter à la société européenne sont bien souvent méprisées car entachées de stéréotypes et préjugés qui se manifestent sous la forme de discriminations économiques, sociales et politiques. »

Un racisme à la dent dure

Le taux très élevé de chômage parmi la population rom est l’une des réalités les plus préoccupantes car ne pas travailler isole socialement. L’état de santé des communautés rom, en général, est bien en dessous de la moyenne nationale des pays où elles sont installées, avec une durée de vie inférieure de dix ans. Quant à la sphère éducative, elle ne suscite pas beaucoup d’espoir pour l’avenir. Les Roms représentent une population extrêmement jeune, composée d’une majorité d’individus de moins de 20 ans. Mais souvent, ces jeunes n’ont pas d’attache à un établissement. Dans certains pays, ils sont la plupart du temps scolarisés dans des écoles spécialisées pour les handicaps physiques ou mentaux.

Naples - 2005Naples - 2005 | (Francesco Paraggio/flickr)

Depuis vingt ans, les associations de droits de l’homme donnent le signal d’alarme. D’ailleurs, le problème « Rom » est désormais connu : selon 77 % des Européens, les Roms sont défavorisés dans la société, au même titre que les personnes handicapées (79 %). Pourtant, de récentes enquêtes d’opinion réalisées en 2008 montrent qu’un quart des Européens se sentiraient mal à l’aise à l’idée d’avoir un Rom pour voisin (24 % à l’échelle de l’UE ont répondu dans ce sens, alors qu’ils n’étaient que 6 % à être mal à l’aise à l’idée de vivre à proximité d’une personne d’une autre origine ethnique, sans préciser laquelle.)

Et dans certains pays, comme la Tchéquie ou l’Italie, le taux monte : ici, la moitié des personnes interrogées n’apprécierait pas d’accueillir un Rom pour voisin. « Des recherches réalisées par des acteurs de la société civile démontre que l’ « anti-gypsism », est une forme spécifique de racisme, basé sur la « dé-légitimisation » et l’exclusion morale », explique également la Commission. 

Que peut faire l’Europe ?

Suite à la pression exercée par une jeune coalition d’associations en faveur d’une politique pour les Roms en Europe (la EU Roma policy coalition, créée en mars 2008), le prochain Sommet européen tentera donc de répondre au besoin urgent d’une stratégie globale et cohérente… « Les outils sont en place pour améliorer cette situation, estime la Commission, mais il faut que toutes les forces soient unis pour coordonner les efforts. » Quels sont ces outils ? Les Fonds structurels européens (comme le Fonds social européen) et les instruments de pré-adhésion jouent un rôle crucial pour vaincre l’exclusion : « Ainsi, entre 2000 et 2006, 275 millions d’euros provenant du FSE ont été consacrés à des projets spécialement destinés aux Roms, un milliard d’euros supplémentaire allant à des groupes vulnérables, dont les Roms », estiment les spécialistes de la Commission.

« Il n’a jamais été aussi important de parler d’une seule voix »

Dans la lutte contre la discrimination, les pouvoirs conférés à l’UE lui ont permis de légiférer « en matière d’égalité de traitement sans distinction de race ou d’origine ethnique » (directive 2000/43/CE) et « de s’assurer de la transposition correcte du droit communautaire » : « La plupart des matières essentielles à l’intégration des Roms relèvent toutefois en premier lieu de la compétence des États membres (l’éducation, l’emploi, l’intégration sociale, par exemple). Dans ces domaines, l’Union peut seulement coordonner les politiques des États membres et soutenir leur application, au moyen, entre autres, des Fonds structurels. »

Déférer la responsabilité aux Etats membres, voilà une proposition qui ne convient pas du tout aux militants associatifs de la coalition. Et ils n’ont pas tardé à le faire savoir : « Alors que les violences envers les Roms augmentent, par exemple en Italie, il n’a jamais été aussi important de parler d’une seule voix et de proposer une stratégie et un engagement au long terme », a réagi Nicolas Beger de la section EU d’Amnesty International, dans l’expectative. Ce Sommet européen sera-t-il un tournant à marquer d’une croix blanche ?

Rejoignez la discussion | 14 commentaires

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Tonio - 03/09/08

Pourquoi personne n'a encore réagi???

Deuxième chose: un lien existerait-il afin de retrouver ce document (soit-disant publié sur le site de la Commission...) sur lequel nos chers députés européens plancheront pour envisager de régler le problème?

Bon, et quelles solutions trouveront-ils cette fois? Décréter une seconde décénie des Roms juste après celle qui s'écoule en ces moments même? Réunir à nouveau 34 milliards d'euros (selon un article sur Michel Collon.com) sensés aidés de nouveaux programmes d'aide à l'éducation ou à la santé mais dont les Roms eux-même n'ont jamais vu la couleur? Ah oui, encore une idée, programmes de pré-adhésion à l'Europe pour les pays des Balkans, grand fournisseurs de ces populations qui migrent au péril de leur vie (passages de frontières illégaux, réseaux de prostitution, séjours sans papiers...) vers l'Europe Occidentale: la plupart des gouvernements des pays des balkans sont corrompus jusqu'aux os, le soupçon plane même sur les administrateurs internationnaux oeuvrant aux sein des missions de l'ONU ou de l'Union Européenne. Alors l'argent versé par l'UE, il passe dans les poches des chefs de gouvernement mais rarement dans les mains des gens concernés... La Macédoine, seul pays au monde qui reconnait les Roms comme une communauté constituante de sa population totale. Et bien ces Roms vivent toujours dans la même merde. La venue d'une député européenne en Décembre 2007, avec dans son sac un blabla tout près et stérile, n'a rien changé!
Le changement, justement, ne viendra pas des grands hommes, des chefs de gouvernement. Ils sont bien trop importants pour les Roms. Tous ce charabia européen est bon parce qu'il permet de monter des expos photo par exemple. Mais si nous ne changeons pas les mentalités du commun des mortels, rien ne changera. C'est ces idées préconçues dégradantes qu'il faut faire oublier. Et pour cela, l'argent ne servira à rien.
Merci pour l'attention.

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Tonio - 03/09/08

www.michelcollon.info
et pas l'autre machintrucbidule collon.com

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Tom - 08/09/08

Le document cité dans l'article doit (devrait) être accessible à partir d'ici : http://ec.europa.eu/social/... ; en bas de page.
Et sinon, pour le lien, vers le site de Michel Collon, ça devrait être plutôt ça : http://www.michelcollon.info. À manier avec précaution quand même, tant les opinions de ce – au demeurant très respectable – monsieur, sont parfois teintées d'un manichéisme un brin suspect.

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mamour - 09/09/08

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mamour - 09/09/08

Alors personnellement j'ai trouvé l'article intéressant (de rien pour l'attention), juste envie de compléter sur une réalité locale qui n'est ni "à oublier" et à ne pas déconnecter selon moi de ce truc européen. Les populations rom, faciles à repérer, tracer sont des populations qui sont fréquemment poursuivies et expulsées par des préfectures ayant du mal à remplir leur quotas. ça donne lieu à des situation kafkaïennes régulièrement d'autant que certain-e-s de ces gent-e-s sont régulièrement ell-eux même ressortissant-e-s de l'union européenne et qu'on sait très bien qu'ell-eux reviendront de toute façon (ce qui est le cas soit dit en passant d' une bonne partie des personnes expulsées par notre politique de l'immigration "jetable")

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Tonio - 10/09/08

Alors n'est-ce pas justement pour cela que cette Europe ne marche pas? On nous vend un truc en mettant en avant l'argument de la libre circulation des populations, on nous vend ce truc soit disant les frontières ouvertes, mais une fois ces frontières passées, on renvoie les gens là d'où ils viennent... C'est sûr que du coup, ya de la circulation sur les routes européennes, avec tous ces allers-retours!

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mamour - 10/09/08

Ben pas de réponse toute faîte,
peut-être que l'article illustre bien la multiplicité des barrières (géographiques ou inter-individuelles) et cette époque ne tend pas à la disparition de ces phénomènes du tout... il y a le-la française, l'étranger-ère-s en situation régulière ressortissant-e de l'ue ou non (il y a le-la sous ressortissant-e de l'ue dont les roms sont un bonne exemple) il y a l'étranger-ère en situation irrégulière non ressortissant-e de l'ue (et là classification selon les pays d'origines et les situations individuelles: étudiant-es, conjoint-e de français-e... c'est plus ou moins accepté.)
et puis il y a des lois de plus en plus liberticides qui empirent chaque jour la situation de tout le monde.
sachez notamment que samedi 13 sont appelés des rassemblements devant tous les centres de rétentions contre la directive de la honte qui passe de 32 jours à 18 mois la durée maximale d'enfermement en centre de rétention (vous savez? les prisons pour étranger-ère-s) parce que même si les enfermer permet de réduire le nombre de personnes sur les routes et de mettre aux autres encore plus la pression, et ben c'est moyen cool

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Tonio - 10/09/08

Je crois que nous sommes d'accord...
Je suis au courant de ces directives, c'est pour cette raison d'ailleurs que je me pose la question de savoir si l'Europe qu'on essaie de nous faire avaler vaut vraiment le coup. Nous rabattre les oreilles à coup de grands principes et valeurs fondatrices ne masquera pas longtemps et aux yeux de tout le monde cette vaste supercherie. N'oublions pas, pour rester sur cette problématique de la situation des étrangers, ou des réfugiés pour l'occasion, le réglement Dublin II. Cette Europe-là, je préfère la vomir... Quant à la commission européenne, elle peut bien se réunir et trouver des erzats de solutions, elle n'aura qu'une douzaine de siècle de retard!

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Tonio - 10/09/08

Encore une chose: la personne qui a écrit l'article a oublié de préciser une chose. Jane Mery parle de l'élargissement de l'Europe et corollairement de l'augmentation de la population rom sur le territoire de l'Unio Européenne. Cette dernière ne s'est pas à nouveau élargie grâce à l'adhesion de la Bulgarie et de la Roumanie le 1er janvier 2007? La communauté rom de Roumanie est certainement la plus importante d'Europe. Beaucoup d'entre eux migrent vers la France (notamment à Paris, Lille, Strasbourg ou encore Lyon...), et ramassent après trois mois de séjours en toute légalité, officiellement comme touristes, des avis d'expulsion. A Sofia, capitale bulgare, on compte également un grand nombre de Roms. Je vous renvoie à un article de Laurent Geslin, -Les Roms, "étrangers proches" des Balkans-, publié dans le Monde Diplomatique du mois de Juillet.

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Tonio - 12/09/08

Le débat s'arrête là?

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None - 16/09/08

Salut Tonio, voici le lien vers le rapport de la commission : http://ec.europa.eu/social/.... Il est carrément pas facile à trouver. Mais le problème surtout, selon moi, c'est que c'est pas très lisible, trop technique, trop de synthèse de synthèse, et peu d'humain.

J'attends d'entendre les réactions des eurodéputés qui militent pour améliorer les conditions de vie des Roms au sein des Institutions européennes. Mais les entendrons-nous dans les médias, si les médias en parlent ? Pour ma part, je n'ai pas reçu de nouvelles après des demandes d'interviews envoyées à certains d'entre eux. Je voulais leur demander ce qu'ils espéraient de ce Sommet justement....

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mamour - 18/09/08

Alors ben je ne pense pas que le débat s'arrête là: ça pourrait être cool d'avoir/ rechercher des infos sur ce qui s'est dit pendant le sommet, et puis le ministre de l'identité nationale organise un sommet européen concernant l'immigration les 3 et 4 novembre à (tenez vous bien)...... VICHY!
sinon y a un rapport sympa de la CIMADE qui s'appelle "la loi des jungles" et qui parle de la situation des migrant-e-s dans le nord pas de calais (et notamment depuis la fermeture de sangatte). le rapport 2007 sur les centres de rétention est pas mal également... avez vous lu des textes qui traiteraient plus de la situation des roms?
un autre site, celui de Terra sur les questions d'immigrations...

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