Enfin les vacances !
Illustration: Henning Studte
Le mot « vacances » a des origines sacrées en Europe… Même si ça ne saute pas aux yeux.
« Vamos a la playa ». Le tube italien de Righeira date e 1983. Mais les chansons de l’été restent gravées longtemps dans nos esprits malgré le peu de temps qu’il a fallu à leurs auteurs pour les écrire. Elles rappellent en tout cas que nous « sommes mûrs pour prendre l'air », comme l'expression allemande le suppose.
Le mot allemand « Urlaub » qui désigne les congés, ne fait aucunement référence aux vacanciers en promenade en forêt (comme le mot « laub », les « feuilles mortes », le laisse entendre). Il désignait en fait la nécessité, pour les salariés du 9e siècle, de demander à un supérieur la permission de prendre des congés… alors que les vacances s’appelaient encore « urlub », un mot très proche linguistiquement du verbe « erlauben » (autoriser).
Une fois parvenu dans le Sud, le globe-trotter linguiste tombe sur une avalanche de mots aux racines latines : « vacances » en France, « vacacciones » en Espagne, « vacanze » en Italie ... Et même « vakantie » chez les Hollandais. Contrairement à l’ancien sens donné aux congés chez les Allemands assujettis à leurs supérieurs ; le mot latin « vacans » ne signifie rien d’autre que d’avoir du temps libre, ne pas être occupé. L’Espagnol a, lui, enrichi la notion avec un piment estival. « Veranear » qui signifie partir oui, mais l’été uniquement.
En Italie et en Allemagne, on parle aussi volontiers de « Ferie » ou de « Ferien ». Les peuples latins sont encore passés par là grâce à l’alliance parfaite des mots « festus » (« festif ») et « anum » (« sanctuaire »). Tout deux décrivent la phase de repos tant attendue pendant laquelle, à l’origine, on mêlait tradition religieuse et journée morte, lors de laquelle les magasins fermaient leurs portes.
Les Anglais célébraient encore au 14e siècle ces fêtes religieuses (les « holy day ») alors qu’aujourd’hui ils ne font que paresser (en « holiday »). Aujourd’hui encore, les grandes fêtes populaires d’Espagne ou du Sud de la France sont appelées « Feria ». Mais ici, point de Jésus : l’alcool coule à flot et c’est Bacchus qui tient l’amphore. Une chose est sûre : les Européens se sont tous linguistiquement adaptés à la douceur des activités estivales. « Sweet idleness », disent les anglophones pour« se la couler douce » . « Il dolce far niente ».
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