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Non irlandais à l’Europe : encore un échec

(Photo William Murphy/Flickr)

(Photo William Murphy/Flickr)

La démocratie. On y revient toujours. Après que les Irlandais ont à leur tour rejeté le traité de Lisbonne, l'incapacité chronique de l’Europe à créer une vraie démocratie européenne est remise, une nouvelle fois, sur le tapis.

opinion

By Adriano Farano. Translation Jane Mery

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19/06/08

Tags : Referendum, Lisbon treaty, ireland.

Après le non français et néerlandais à la Constitution en 2005, les dirigeants de l’UE ont attendu des nouvelles de l’Elysée, et la venue de Sarkozy en 2007, pour tomber d’accord sur de nouvelles règles à donner à l’Europe des 27 : et le célèbre traité de Lisbonne est ainsi né. Bien sûr, dans la capitale portugaise, le café devait être délicieux – le portugais est le meilleur après l’italien – mais le traité a été écrit, négocié et approuvé à huis clos, entre les dirigeants, comme s’il s’agissait d’un accord diplomatique. 

Et pourtant, ce sont les règles les plus innovantes de ces cinquante dernières années qui ont été décidées. Celles qui régissent la réalité politique de l'Union européenne, précisément. Une entité qui, sans pour autant être appelé « Etat », rassemble aujourd'hui les pouvoirs régaliens : battre la monnaie (l’euro), gérer les frontières (Schengen) et rédiger des législations (un peu trop). 

Aujourd'hui, les Irlandais ont dit non. Non à une Europe perçue comme lointaine, bureaucratique et de plus en plus avide de pouvoir. Pourtant, dans un monde globalisé, nous avons besoin de l’UE. Mais nous devons d'abord l’expliquer aux citoyens, en discuter et ensuite écrire les règles d'une manière démocratique. Pour cette raison, après l’ énième débâcle démocratique, nous les Européens, devons parier sur la démocratie. Et élire - avec une consultation le même jour dans tous les pays - une Assemblée constituante dont le rôle sera de rédiger une vraie constitution : un texte concis de quinze pages maximum, qui définisse les règles du jeu. Et non pas les 380 pages incompréhensibles de celui qui s’appelait « traité instituant une Constitution européenne » (sic) et qui, jusqu'au vendredi 13 (!) juin 2008, circulait sous le nom du traité de Lisbonne. A ce traité là, les Irlandais ont dit non. Peut être devons nous les remercier. Si seulement cette nouvelle déconvenue donnait à nos dirigeants suffisamment de courage pour miser sur une démocratie du 21e siècle.

By Adriano Farano. Translation Jane Mery

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None - 26/06/08

Je trouve ça un peu simpliste Euskalion d'opposer le oui des "nantis" au non des "peuples". La lutte des classes, ça va bien 2 minutes, mais rappelons que le non, c'est celui des gens qui se disent mal informés sur les questions qu'on leur soumet (qu'ils soient riches ou pauvres), c'est celui des gens qui ont envie de dire merde à leur gouvernement (qu'ils soient riches ou pauvre), et c'est celui des gens qui pensent : on a tous une bonne raison de voter non (et en réfléchissant, on a tous un truc qui nous tracasse).

Et rappelons que le non est finalement bien plus divers que oui! Bref, on y trouve de tout, de l'extrême droite à l'extrême gauche!

Moi, je trouve qu'il est plus facile de voter non que de voter oui!

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Euskalion - 19/06/08

N'ayons pas peur des concepts, dans un sens comme dans l'autre. Je m'explique :
Je veux remercier les Irlandais de ce camouflet infligé à l'Europe, comme un prisonnier mis aux fers remercie les pirates qui l'ont délivré en attaquant -pour en piller le butin- le bateau où il est enfermé.
Les Irlandais sont loin de former une république sociale modèle, même si toute ma sympathie va à ce peuple, à sa résistance et à son identité. Le "Non" irlandais est effectivement aussi diversifié que le "oui" est consensuel. Car ce "Non" est celui d'un peuple et de toutes les forces -parfois conflictuelles- qui l'animent. Tandis que le "oui" n'est que celui d'une poignée de nantis bénéficiant des mêmes privilèges, et dont le mépris pour la démocratie a été total au cours de cette campagne.
L'unité du "oui" est réelle ; il nous faut, dans les circonstances présentes, l'appeler conspiration car elle est le fait d'élus qui trahissent la volonté même de leurs électeurs, au point de les bayonner pour ne pas qu'ils leur donnent tort.

Quelle que soit sa motivation, la réaction irlandaise a au moins le mérite de nous donner le spectacle de la démocratie, auquel désormais la presque totalité des Européens ne peut plus participer que sous condition d'être en accord avec les projets de nos chers et infaillibles dirigeants.

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Adriano - 17/06/08

Je suis d'accord. Une variante intéressante du modèle d'assemblée constituante pur (une assemblée qui ne serait élue qu'à cet effet) est celui d'un Parlement européen constituant. En gros on dirait : le Parlement qui sera élu en juin 2009 va se consacrer pendant le temps qu'il faut (un, deux ans) à la rédaction d'une vraie constitution et ensuite ce texte sera proposé au vote de tous les Européens par un référendum pan-européen le même jour. Il y a une différence de taille avec ceux qui disent "référendum pan-européen" et s'arrêtent là... parce que le problème n'est pas uniquement celui de la géographie (à enjeu européen, référendum européen) mais aussi celui du respect de la procédure démocratique. Ni les chefs d'Etat et de gouvernement réunis en sommet, ni les membres de la Convention n'ont été nommés pour écrire les règles fondamentales de l'Europe. Il faut respecter la définition latine de constitution qui est un "pactum societatis", un pacte de société. Si on le fait en écartant la société, celle-ci se rébelle. Le 12 juin en était une énième preuve.

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Chakal - 16/06/08

En somme tu dis Assemblée constituante européenne. Certes, belle idée. Mais je crois qu'il ne faut pas sous-estimer un des plus fondamentaux acquis de notre continent : la démocratie représentative. Je crois à ce titre que ce qu'il manque à l'UE, c'est une véritable chambre démocratique, un Parlement européen digne de ce nom, avec des partis politiques européens, et des hommes politiques européens.

Ma lecture du non irlandais : un désaveux des classes dirigeantes nationales, incapables d'offrir un discours construit et cohérent sur la réalité européenne. Des partis politiques nationaux qui n'ont aucune vision européenne et qui s'en remettent à des considérations purement démagogiques.

Ma deuxième lecture : les referenda sont tous des moments d'expression des phantasmes nationaux. Les "non" sont tous différents. Les Irlandais refusent l'harmonisation fiscale, alors que les français la demandent. Les Irlandais voient dans l'UE une menace à leurs valeurs traditionnelles et conservatrices (avortement par exemple), alors que les français y voient une menace conservatrice à leur modèle laïc. Bref, quelques exemples qui montrent qu'il n'existe pas de NON européen, pas plus qu'il n'existe de non national unis.

A mon sens, c'est aux partis politiques de se projeter dans une vision européenne, d'assumer leurs responsabilités, de tenir aux peuples un discours réaliste sur le monde dans lequel on vit et d'assumer : oui, nous avons besoin de l'UE, oui elle doit être le lieu de l'élaboration des politiques. Le débat ne doit pas être national, il doit être européen. Et c'est au Parlement européen que cela doit se jouer.

'accepter le changement géopolitiques de notre société. Bref, des hommes politiques soit

En effet, dans le non Irlandais, je vois surtout un échec des politiques à prendre leurs responsabilités et à se projeter

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